Le soutien du peuple Palestinien est un axe fort et historique de la politique internationale de la ville de Saint-Denis.  Elle a formalisé des accords de coopération avec Nazareth en Israël (2005) et les camps de Rafah en Palestine (2006).  Suite au tarissement des échanges avec le camp de Rafah (Bande de Gaza) et au regard du besoin de créer des solidarités concrètes, la ville développe aujourd’hui des liens avec la municipalité d’Al Kader (près de Bethléem). Lorsque, nous avons été informées de ce voyage de formation pour les élu-es  sur le thème « comprendre le conflit israélo- palestinien, cela a été une évidence pour nous : nous devions y participer. Nous sommes parties du 20 au 27 octobre 2018.

Voici notre histoire 

Un voyage qui bouscule, qui émeut, un voyage pas comme les autres.

Il n’y a rien qui puisse être appelé palestinien. Ils n’ont jamais existé. Golda Meir 15 juin 1969

S’adressant à des émigrés juifs d’Europe de l’Est début du 20e siècle : avant votre arrivée, il y a 30 siècles, il y avait un peuple palestinien, les cananéens, qui avaient construit 117 villes… Ce n’est pas moi qui en parle, c’est la Thora. Pourquoi pas un droit historique sur l’Egypte ? Vous êtes restés plus longtemps en Egypte qu’en Palestine. Yussef Ayoub Haddad.

En 1947, il y avait 630 000 juifs et 1 300 000 Palestiniens arabes. Ainsi, à l’époque de la partition de la Palestine par les Nations Unies en 1947, les juifs représentaient 31 % de la population.
En 1948, il y avait 475 villes et villages palestiniens. 385 d’entre eux furent totalement rasés, démolis pierre par pierre. 90 ont continué à exister, mais privés de leurs terres.

C’est l’occasion de vous faire découvrir HANDALA, né de l’imagination de Naji Al Ali (assassiné le 22 juillet 1987 a Londres), palestinien réfugié dans un camp au Liban, suite à la création de l’Etat d’Israël en mai 1948. C’est un personnage de 10 ans, haut comme trois pommes, les mains jointes dans le dos, pieds nus, les cheveux en épis pointés vers le soleil. Il n’est jamais représenté de face. Il ne se retournera que lorsque le peuple palestinien aura un état.

Jérusalem-Est

En hébreu « ville de Paix » ou encore « la Paix apparaîtra » et « La Sainte » en arabe.

En juin 1967, Israël a illégalement annexé Jérusalem-Est pour l’intégrer unilatéralement au territoire israélien. La municipalité de Jérusalem englobe donc Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est occupée, elle est gérée par Israël. 323 700 Palestiniens résidant à Jérusalem-Est. 48% sont des réfugiés de 1948. Entre 61 000 et 70 000 palestinien-nes de Jérusalem ont été déplacés depuis 1967. Israël limite le développement des constructions palestiniennes à 13% de la superficie.
De janvier à novembre 2017, 136 bâtiments palestiniens ont été détruits par les autorités israéliennes à Jérusalem-Est, déplaçant 228 personnes.
Seul 10% du budget de la ville est dépensé à Jérusalem-Est entraînant un manque de services de base (routes, pavage, système d’écoulement des eaux).
Le taux de chômage est de 40% chez les hommes et 85% chez les femmes.
Le taux de pauvreté est de 75% et 84% pour les enfants.

Jérusalem

Porte de Damas

Maison d’Ariel Sharon

Quartier arabe

Quartier arabe

Mur des lamentations

Mur des lamentations

Esplanade des mosquées

Esplanade des mosquées

Esplanade des mosquées

La cisjordanie

L’Accord intérimaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza de 1995 (également connu sous le nom d’accord « Oslo II ») entérine la répartition en trois zones des territoires de la Cisjordanie : les zones A, B et C. L’accord Oslo II était conçu au départ pour une période de transition de cinq ans, au terme desquels devait exister un Etat palestinien souverain. Les zones C devaient être progressivement converties en zones A et B. Cette étape n’a toujours pas été accomplie à ce jour.
La zone A (qui recouvre aujourd’hui environ 18% de la superficie totale des territoires et regroupe près de 50% de la population) est sous le contrôle civil et militaire palestinien et englobe les grandes villes, à l’exception d’Hébron, qui est en partie contrôle de l’armée israélienne.
La zone B (actuellement près de 18% du territoire, et environ 40% de la population) est sous contrôle civil palestinien et sous contrôle militaire conjoint israélo-palestinien et comprend essentiellement des communes rurales et des villages.
La zone C (qui représente aujourd’hui à peu près 60% du territoire, et abrite environ 6% de la population) est la seule bande de terre continue, et se trouve entièrement sous contrôle israélien, tant au plan civil que militaire. Ces territoires se composent avant tout de zones peu peuplées, de villages palestiniens et de colonies israéliennes.

La propriété des « absents »

Avec l’expulsion des Palestiniens et la destruction de leurs villes et villages, une grande quantité de propriétés furent confisquées sous la rubrique « Loi sur les propriétaires absents » (1950).
Sur la totalité du sol de l’Etat d’Israël, seuls de 26 800 à 35 600 hectares représentent le domaine d’Etat que le gouvernement israélien a reçu du régime du mandat britannique (2 %). Le FNJ (Fonds national juif) et les propriétaires juifs privés possèdent moins de (10 %). Presque tout le reste (88 %) soit 1 800 000 hectares dans le cadre des frontières de l’armistice de 1949 appartient légalement à des propriétaires arabes, dont un grand nombre a quitté le pays.
Entre 1948 et 1953, 370 villes juives et colonies furent établies. 350 le furent sur des propriétés « d’absents ». En 1954, environ 35 % des juifs d’Israël vivaient sur des propriétés confisquées aux absents et environ 250 000 nouveaux immigrants s’installèrent dans les zones urbaines dont les Palestiniens avaient été expulsés. Des villes entières avaient été vidées de leurs habitants palestiniens, comme Jaffa, Acre, Lydda, Ramle, Bisan et Majdal (Ashqelon).
La valeur de ce vol de propriété représentait plus de 300 milliards de dollars – il y a plus de 30 ans. En dollars actuels, il faudrait quadrupler ce chiffre.
En 2017, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution qui a réaffirmé que toutes les mesures israéliennes, visant à modifier la composition géographique, le caractère et le statut du Territoire Palestinien occupé, depuis 1967, y compris Jérusalem Est sont des violations du droit international.

Les checkpoints et les Murs

85 % du tracé du mur de séparation serpente à l’intérieur de la Cisjordanie, isolant 9,4 % du territoire palestinien. 65% de sa construction est achevée (460 km), 10% est en cours de construction et 28% de son tracé a été planifié. Le tracé total fera 712 km de long, plus de deux fois la longueur de la Ligne verte (320 km).
Depuis 1967, les axes routiers sont contrôlés par Israël. Une centaine de checkpoints (postes militaires), assurent le maillage des territoires, fractionnés par l’enchevêtrement de colonies et le mur de séparation. Sans compter les quelques quatre cents obstacles matériels – barrières, blocs de béton, monticules de terre… Pour un Palestinien, se déplacer en Cisjordanie relève de la prouesse. (50 kms-5 heures de route)

L’armée

109 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes ou les colons au cours de l’année 2016. Leur moyenne d’âge était de 23 ans et 33 d’entre eux avaient moins de 17 ans. De leur côté, 15 Israéliens ont trouvé la mort. Notre armée est pure (…), elle ne tue pas d’enfants. Nous avons une conscience et des valeurs et, à cause de notre morale, il y a peu de victimes palestiniennes. , (Généraux israéliens dans « Tsahal », le film de Claude Lanzmann en 2006). Il existe au sein de l’armée israélienne un escadron de la mort composé d’unités déguisées en Arabes et qui exécutent sommairement les activistes palestiniens recherchés. Tsahal compte dans ses rangs 186 500 soldats, avec un potentiel de 445 000 réservistes. La durée du service est de trois ans pour les hommes et de deux pour les femmes. L’ONG Israélienne “ Breaking the silence “ (rompre le silence) a été fondée en 2004 par des vétérans de Tsahal. Elle recueille le témoignage des soldats ayant servis dans les territoires occupés. Réveiller un village en pleine nuit à coups de grenades pour faire régner la terreur, démolir des maisons au prétexte de chercher des armes, passer à tabac des prisonniers menottés, participer à des opérations de vengeance meurtrière, arrêter des enfants, annexer des terres… Les soldats israéliens racontent leur quotidien, fait de violences ordinaires et de tensions permanentes. Les limites morales de chacun sont sans mises à l’épreuve. Et tous sont marqués à vie.

Les prisonniers

621 C’est le nombre d’enfants de moins de 17 ans tués par les forces israéliennes entre le déclenchement de la seconde Intifada, le 29 septembre 2000, et le 29 septembre 2004. On compte, au mois de mars 2018, 6 050 prisonniers politiques palestiniens dont 62 femmes, 7 membres du Conseil législatif palestinien dans les prisons israéliennes, 443 prisonniers de Jérusalem-Est, 320 de Gaza et 70 Palestiniens d’Israël. Depuis 1967, 850 000 Palestiniens ont été emprisonnés par les autorités israéliennes, 1 000 000 depuis 1948. Presque toutes les familles palestiniennes ont des membres qui ont subi des peines d’emprisonnement. La détention administrative est une procédure qui permet à l’armée israélienne de détenir une personne pour une période de 6 mois maximum, renouvelable de manière indéfinie, sans inculpation ni procès. Un prisonnier peut être détenu pendant 90 jours sans voir un avocat, période qui peut être étendue une fois, soit 180 jours au total. Depuis 2000, au moins 8 000 enfants palestiniens ont été détenus, interrogés et inculpés par la justice militaire israélienne, soit 500 à 700 par an. On compte 4 centres d’interrogatoire, 3 centres de détention et 18 prisons dans lesquels sont détenus les prisonniers palestiniens. A l’exception de la prison d’Ofer (Cisjordanie), toutes les prisons sont situées en Israël, en violation du droit international.

RAWAKI, la ville promise palestinienne

Située à une dizaine de kilomètres au nord de Ramallah. Ce projet immobilier de ville futuriste est né en 2007 de la volonté de Bachar El Nasri, un riche entrepreneur palestinien. Cout 1,4 milliards de dollars, en parti financé par le Qatar. Le centre d’affaires comprend un espace de travail collaboratif et un incubateur de Start-up avec des entreprises de technologies de l’information et de la communication. Mr Bachar a essuyé de nombreuses critiques, dans la mesure où il a acheté à Israël les matériaux et éléments nécessaires pour la construction et fait appel à des ingénieurs israéliens.

Ramallah

Siège de l’Autorité Palestinienne. L’Organisation de Libération de la Palestine a été créée à Jérusalem en 1964, à l’instigation de la Ligue des Etats Arabes. Elle prend son indépendance à partir de la guerre des six jours en 1967 et M. Yasser Arafat devient le président du comité exécutif en 1969. Reconnue comme représentante du peuple palestinien par tous les États arabes lors de leur sommet de 1974, elle obtient alors le statut d’observateur aux Nations Unies puis devient membre à part entière de la Ligue des États arabes en 1976. Lors du sommet d’Alger, le 15 novembre 1988, le XIXe congrès du Conseil national palestinien (CNP), organe suprême de l’OLP, proclame la création de l’Etat palestinien, reconnu par 94 pays.
La ville de Ramallah est le siège de nombreuses ONG dont BDS. Le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions lancé en 2005 par des ONG palestiniennes pour obliger le gouvernement israélien à respecter le droit international et les résolutions des Nations Unies, a fait tache à travers le monde. Israël cherche à criminaliser cette campagne, dont les militants réclament, entre autres, une suspension de l’accord d’association qui lie l’Union européenne à Tel Aviv. L’appel au boycott est une forme de résistance non-violente pratiquée depuis des siècles en plusieurs endroits du monde. De nombreux boycotts ont permis l’acquisition de droits civiques ou la libération nationale : boycott mené par Gandhi en Inde, boycott des bus de Montgomery aux Etats-Unis, boycott de l’apartheid sud-africain…

Tombeau de Yasser Arafat

Je viens à vous avec un rameau d’olivier dans la main gauche et une mitraillette dans la droite. Ne faites pas tomber le rameau d’olivier (Yasser Arafat 1974)

BETHLEEM : Camp de réfugiés d’ AIDA

Bâti en 1951,à deux kilomètres au nord de Bethléem, le camp d’ Aida-ainsi dénommé en hommage à la femme qui tenait un café près des oliviers avant sa construction, là où se tiennent aujourd’hui les chars israéliens postés devant la colonie de Gīlo – regroupe des familles chassées de Jérusalem, et de villages situés aux quatre coins d’Israël. On estime à 6000 le nombre de personnes entassées dans 66000métres carrés. La clé symbolise le droit au retour de milliers de Palestiniens expulsés de leur maison en 1948, puis dispersés en Palestine et de par le monde. Coupés de leurs seuls oliviers par le mur de « séparation » israélien, dominés par la colonie de Gilo, les habitants d’Aida reçoivent régulièrement la visite de l’armée israélienne, qui n’a qu’à ouvrir une lourde porte en fer à l’entrée du camp pour y mener ses opérations. Dans la rue qui part du mur et mène à l’école installée par les Nations unies, les impacts de balles sont multiples, notamment sur la porte en fer du centre scolaire. L’école a dû se résoudre à murer toutes les fenêtres des classes pour éviter qu’un élève ou un professeur ne soit touché.

Israël

En Israël aussi la population Palestinienne est dépossédée

A St Jean d’Acre, une des villes mixtes d’Israël, Johayna, impliquée dans des associations d’éducations populaires, est animatrice communautaire dans la vieille ville. La population palestinienne est concentrée dans la vieille ville historique. Les quartiers font face a des manquements de planning urbain, de services publics et d’infrastructures, ainsi qu’a une politique d’éviction et de gentrification. Les bâtiments d’architecture arabe font l’objet d’un véritable engouement chez les promoteurs israéliens. Mais les politiques de rénovations urbaines servent de prétexte pour faire partir les familles très paupérisées et fragilisées et donc en particulier les Palestiniens.

Tel Aviv

Les Israéliens l’appellent la bulle, une bulle de fête au cœur d’un pays en guerre. Loin des images de conflits, d’occupation et de terrorisme le plus souvent associées à Israël, Tel Aviv, la capitale de 400 000 habitants, est un îlot préservé. Les Israéliens s’y réfugient pour oublier la violence et se ressourcer. Des centaines de bars et de boites de nuit, une vie nocturne qui concurrence désormais celle d’Ibiza ou de Miami : Tel Aviv, c’est la ville qui ne dort jamais.
Tel Aviv a son propre mode de vie unique, le même pour tous les services et installations : le samedi. La vie dans la ville est littéralement immobile. Il n’y a plus de transport public dans les rues, tous les magasins et marchés sont fermés. C’est une journée que les habitants préfèrent passer en famille.

Hebron

Divisée en secteurs, Hébron, cité cisjordanienne chargée d’histoire et triplement sainte (tombes d’Abraham, son épouse et leurs descendants), est l’enjeu d’un virulent affrontement entre palestiniens et israéliens. Cette ville de 200000 habitants est sous autorité palestienne. 20% de son centre historiques est occupée par l’armée israélienne depuis 1997-650 colons vivent entourés de miradors, de barbelés et de 18 barrages militaires (2000 soldats israéliens) contre 35000 arabes. Hébron a été déclarée le 7 juillet 2017 par l’ONU zone protégée en tant que site d’une valeur universelle et exceptionnelle

Nous devions vous parler de GAZA

Gaza enfermée
« Ce que lancent les Palestiniens, ce sont leurs propres pierres, les pierres vivantes de leur pays »

La loi Nation. Au dernier moment, juste avant la fin de la session parlementaire et le départ en vacances des députés, le Parlement israélien a voté la « loi sur la Nation », une loi constitutionnelle qui ne peut être abolie que par une majorité qualifiée. Une loi qui met la Cour suprême hors-jeu si elle envisageait de l’annuler, parce qu’elle contredirait les fondamentaux d’Israël comme « État juif et démocratique » L’adoption par le Parlement israélien de la « loi sur la Nation » est une confirmation de la dérive du gouvernement d’extrême droite pour lequel le caractère juif de l’État passe avant la démocratie. Et elle marque, selon une journaliste israélienne, « la fin de la démocratie ». L’amendement de cette loi ne peut être voté que par une loi fondamentale (constitutionnelle), à une majorité de 61 députés. La loi sur la Nation déclare en outre que la colonisation juive (en Israël et dans les territoires occupés en 1967) est une priorité nationale, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles vagues d’expropriations massives, y compris des quelques terres laissées aux citoyens arabes. Symboliquement, la loi déclare aussi que la seule langue nationale est l’hébreu, abrogeant ainsi l’une des conditions imposées par l’ONU en 1949 pour intégrer Israël en son sein.
Le doigt d’honneur — ou plutôt de déshonneur — que signifie cette loi aux yeux de la minorité arabe d’Israël n’est en fait rien d’autre qu’une minable manœuvre électoraliste entre un premier ministre qui risque d’être condamné pour de graves affaires de corruption, et celui qui voudrait prendre sa place.

  • Résumons les dix articles de la loi sur la Nation :
    Israël est la patrie historique du peuple juif ;
    le symbole de l’État est le candélabre, son hymne est La Hatikvah (L’Espoir) ;
    la capitale d’Israël est le grand Jérusalem réunifié ;
    la langue officielle est l’hébreu ;
    l’État est ouvert à l’immigration juive ;
    l’État investira des moyens pour conserver ses liens avec les Juifs de l’étranger ;
    l’État encouragera la colonisation juive ;
    les calendriers officiels sont les calendriers hébreu et étranger (sic) ;
    Les journées du judéocide, du souvenir (des soldats tombés au front) et de l’indépendance sont des journées officielles ;
    le shabbat et les fêtes (juives) sont des journées chômées ;
    l’amendement de cette loi ne peut être voté que par une loi fondamentale (constitutionnelle), à une majorité de 61 députés.
Voilà c’est fini

Face a un tel conflit, comprendre l’un c’est inévitablement condamner l’autre. Il y a trop d’affects en jeu, trop d’amour, de haine ou de compassion, pour être longtemps neutre, pour supporter de demeurer trop longtemps dans la complexité trouble.

Conception Diez-Soto-Diez et Martine Rogeret