CONSEIL TERRITORIAL PLAINE COMMUNE 4 AVRIL 2019

L’exercice budgétaire est toujours un moment complexe où les arbitrages doivent déterminer des priorités, dans une séquence pas toujours facile à assumer. Surtout quand pèsent aussi lourdement les contraintes financières, un véritable carcan dont on sait ici combien le but ultime est une réduction drastique de la réponse aux besoins sociaux, pudiquement appelés dépense publique, pour masquer à quel point elle remet à la financiarisation privée les sommes conséquentes issues de la répartition des richesses.

Le budget qui nous est présenté est donc globalement satisfaisant si nous considérons que la tranquillisation et l’entretien des espaces publics est une priorité pour le bien vivre, le bien commun de la population de ce territoire. Je n’ai donc pas de remarque générale, sauf à souligner que la contribution du conseil de développement est un véritable apport à notre décision, et qu’il me semble que nous n’impliquons pas suffisamment la population et que nous manquons d’envie de mobiliser pour inverser les logiques qui nous sont imposées. Et c’est grand dommage. Mais je dois vous dire deux mots des propositions qui sont faites concernant le tourisme.

Il était une fois un petit lézard bleu, qui passait son temps à parcourir le monde…

Lors d’une de ses pérégrinations il découvre un drôle de territoire, en plein essor, aux 140 nationalités, avec un marché aux puces, une basilique, une street art avenue unique, la plaine des vertus, la guimauve d’Aubervilliers, la butte Pinson ou l’ancien siège des chemins de fer du Nord et la halle d’où sortit le premier moteur de TGV. Incroyable, se dit-il. Il voulut en savoir plus et chercha donc plus amples informations sur un bureau appelé Office où l’on ne servait pas des repas comme dans son ancienne école mais de la découverte.

Il apprit qu’une taxe de séjour servait à financer l’action publique pour qu’il soie bien accueilli. Celle-ci a ramené en 2014 1,168 million d’€ dans les caisses de Plaine Commune, l’institution publique du territoire, 1,225 millions en 2018. Il apprit également que L’Office du tourisme qui était subventionné globalement à hauteur de plus de 980 000 € en 2014, ne pourrait disposer tel que prévu à ce jour que de 920 000 en 2019. (je précise à ce stade qu’à 920 K€ la subvention de l’OdTI n’est pas stable contrairement à ce qui a pu se dire mais baisse de 10 000 €, montant des prestations acquittées par Plaine Commune à l’office en 2018 et que nous devons désormais intégrer à la subvention).

Dans le même temps les recettes prévisibles se situent à 1 300 000€, de façon fort prudentielle, compte tenu de l’évolution de la TS à la hausse ; 100 000€ peuvent être espérés sans forcer. Et sans compter les 50 000 € qu’AIRBnB a annoncé nous verser, suite aux actions énergiques portées par le service territorial à ce sujet.

Le budget propre de la mission tourisme, si l’on s’en tient aux chiffres indiqués aurait donc baissé de 26% depuis 2014, la nouvelle baisse de la subvention de l’OdTI entrainerait un reflux de 7%. Globalement l’action publique de Plaine Commune au titre du tourisme aurait baissé de 11% depuis le début de ce mandat. Je n’ai pas entendu en décembre 2017 lors de la présentation de l’actualisation du schéma touristique de Plaine Commune, la moindre réserve émanant des élu.e.s de ce conseil quant aux évolutions proposées. Elles ont été adoptées à l’unanimité.

Je souhaite donc bien du courage à celui ou celle qui voudrait expliquer, justifier ou promouvoir ce budget !!!

Salarié-es de l’office et agents de la mission tourisme auraient pu en prendre ombrage mais ils aiment trop les lézards bleus pour cela. J’ai bien entendu les témoignages de soutien et de reconnaissance renouvelés par le président de Plaine Commune et leur ai transmis. Dont acte.

On raconte qu’en l’an 2020 et quelques années, un voyageur s’était endormi sur le parvis de la basilique de Saint-Denis. Alors vous imaginez sa surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix l’a réveillé. Elle disait :
– S’il vous plaît… dessine-moi un mouton !
– Dessine-moi un mouton…
– Mais… qu’est-ce que tu fais là ?
– Chez moi c’est tout petit. J’ai besoin d’un mouton. Dessine-moi un mouton.

Le voyageur était impressionné et paraissait très embêté. Il finit par répondre au Petit Prince :
Je voudrais bien essayer, bonhomme, mais je n’ai pas de crayon ; il n’y a plus de crédit budgétaire au tourisme. Alors le petit lézard bleu partit pleurer silencieusement dans la flèche de la basilique, pendant que les cars de tour opérateurs partaient vers des contrées plus accueillantes.

Merci à Saint-Exupéry et pour votre attention.

Patrick Vassallo, Saint-Denis le 9 avril 2019