Nous tenons à exprimer notre satisfaction et notre soutien à cette demande d’adhésion  qui est dans la lignée du voeu relatif à une nouvelle politique d’acceuil des migrants en france que notre groupe avait proposé et qui a été acté en 2018 par le conseil municipale.

Le terme crise des migrants laisse croire à l’existence d’un phénomène qui serait davantage le fruit d’une fatalité que de choix politiques. Comme le soulignait hier le maire de Grande Synthe au cirque d’hiver il s’agit de pallier à “la crise de l’accueil des migrant.e.s” et non pas de “la crise des migrants”: puisque le flux migratoire en France est loin d’être un ras de marée car il représente 0,2 % de la population française!
Le terme « migrants » est un amalgame entre différentes catégories de personnes distinctes en droit et en fait.

Le 6 octobre 2015, le défenseur des droits Jacques Toubon, politicien de droite, publiait un rapport intitulé « Exilés et droits fondamentaux : la situation sur le territoire de Calais » dans lequel il dénonçait les conditions de vie indignes et les atteintes aux droits fondamentaux des exilés à la frontière franco-britannique. Malheureusement le mauvais traitement fait aux migrants est décliné sur tout le territoire.

Des atteintes aux droits fondamentaux liées à la crainte d’offrir des conditions de vie trop attractives et qui créerait un appel d’air:
-Le droit à l’hébergement et à la mise à l’abri
-Le droit au respect de son domicile
-Le droit à des conditions matérielles de vie décentes
-Le droit à la protection de la santé
– Le droit, en tant que femme, à une protection spécifique de la santé et à ne pas subir de violences sexuelles
– Le droit, en tant que mineur, isolé ou non, à bénéficier des dispositifs de protection

Le gouvernement socialiste de l’époque avait fait le choix de la répression, de placements en rétention illégaux, de renvois n’importe où en France. Tout pour décourager les familles de rester à Calais. Un choix Indigne et de plus totalement inefficace, puisque ces familles qui ont fui leur pays ne cherchaient pas à rester en France mais à aller en Angleterre, et se regroupaient là où elles pouvaient espérer passer.
Calais reste le symptôme spectaculaire des écueils de la politique migratoire européenne et française. Une situation attisée par une politique migratoire tendant à la réduction des voies légales d’émigration.

Affluant dans la vallée de la Roya des le printemps 2015, depuis la remise en place de la frontière entre Menton et Vintimille , le « pas de la mort » reste l’un des seuls chemins non-contrôlés que les migrants, bloqués en Italie, peuvent emprunter s’ils souhaitent rejoindre la France. Cependant les contrôles frontaliers y ont été renforcé . Le département des Alpes Maritimes a déployé policiers et gendarmes dans les différents villages de la vallée pour interpeller ces « étrangers en situation irrégulière », et arrêter les habitants venant en aide aux migrants. Sans compter l’obstruction à l’exécution de la loi par le préfet des Alpes-Maritimes qui continue les reconduites à la frontière des personnes en demande d’asile « migrantes » en dépit des décisions du tribunal administratif.

Sur les territoires du grand Paris, les campements sont évacués régulièrement par la police notamment celui de Stalingrad . Ces opérations d’évacuation sont présentées par les autorités publiques comme des opérations de mises à l’abri consistant à offrir aux personnes migrantes occupant des campements de fortune insalubres et soumis à la pression des filières de passeurs, des conditions dignes d’accueil dans des centres gérés par des professionnels de l’insertion et de l’accompagnement social. Or, les mises à l’abri réalisées dans ce cadre sont loin d’être conformes aux exigences du droit à un hébergement inconditionnel et, par leur caractère non durable, contribuent à la constitution de nouveaux campements que ces opérations avaient pourtant comme objectif de faire disparaître.

De plus la plupart, les mineurs isolés étrangers (MIE) vivant à Paris n’existent pas aux yeux de l’Aide Sociale à l’Enfance. Le DEMIE75, chargé d’établir leur minorité, refuse de leur accorder ce statut en invoquant régulièrement un défaut « d’éléments tangibles » ainsi 85% des jeunes se déclarant mineur au DEMIE se voient refusés ce droit de protection à l’issue de l’entretien.  Après avoir fui leur pays, ils sont livrés à eux-mêmes, poussés à l’errance dans nos rues.

Adhérer à cette charte s’inscrit dans la lignée de notre ville qui est un territoire d’entraide et de migration et qui dès 2015 proposait au ministre des propositions concrètes d’accueil dignes des personnes migrantes: comme la mise à disposition de nos centres de vacances de logements pch, de nos gymnases mis à disposition temporairement.
Dans notre ville nous devons continuer à soutenir les agents communaux les associations et les bénévoles qui oeuvre pour cette fraternité
Dans notre ville nous devons continuer à lutter contre les marchands de sommeil qui profite du manquement d’accueil des migrants.
Nous devons continuer à faciliter les inscriptions des enfants de migrants dans nos écoles. La ville dispose de 13 classes upe2a unité pédagogiques pour élèves allophobes arrivants. Si la création récente du pass école permet désormais l’aide des démarches administratives de scolarisation de ses enfants dont 10 ce mois ci, le problème des traducteurs assermentés et de leurs paiement doit être aussi une de nos priorité.

Béatrice Geyres, CM du 22 mai 2019