La délibération soumise au vote porte sur un plan d’équipements publics pour le quartier Pleyel dans le cadre de la ZAC Pleyel et pris en charge par la Solideo. Ce plan se traduit par une crèche municipale, un gymnase et un groupe scolaire (dont un tiers sera à la charge de la ville). Evidemment c’est important et totalement nécessaire  au vue des besoins. On peut s’en féliciter et le soutenir. Ça représente environ 17 millions d’euros.

Reste que des questions et des problèmes se posent. D’abord, ces équipements ne visent pas à rattraper le retard existant en terme d’infrastructures dans ce quartier mais à accompagner l’accroissement démographique (+50%) prévu du fait des constructions liés aux projets urbains des Jeux Olympiques et Paralympiques. Il y a en effet un déficit de services publics sur ce quartier. Qu’en est-il du rattrapage nécessaire sur Pleyel ? Le quartier n’est-il pas amené à être toujours en déficit compte tenu de cette croissance démographique ? Sans un plan d’équipement plus ambitieux, le quartier continuera d’être sous doté. Il nous faut donc renforcer notre mobilisation et le bras de fer avec la Solideo pour obtenir des équipements publicssupplémentairesEnsuite, certains équipements ne vont-ils par servir à déplacer les problèmes posés par les projets urbains en cours. Ainsi, la délibérationparle de « délestage de l’école Anatole France ». Est-ce qu’il est envisagé de minimiser les problèmes de pollution en vidant l’école au lieu de revoir le projet de circulation de la DIRIF  ? Si c’est le cas,  cela signifie qu’il revient à la ville de payer un délestage induit par les travaux de la DIRIF. La répartition des coûts ne serait alors pas juste. De plus, déplacer le groupe scolaire ne résoudrait rien puisqu’il restera le problèmes des effets négatifs des projets en cours sur une résidence étudiante, un café et un centre d’affaire/ hôtel au pied de la tour Pleyel. Déplacer le groupe scolaire devrait alors s’accompagner du déplacement des étudiants et de la tour Pleyel. En outre, dans l’étude d’impact, les autres groupes scolaires du quartier sont également impactés par les pollutions. Pointons également qu’il reste des zones floues sur les équipements et aménagements prévus sur cette ZAC Pleyel. Un équipement de santé est prévu mais sous quelle forme et quel statut ? Un centre municipale de Santé ? Qu’est-il prévu pour permettre un rattrapage en matière de stationnements des riverains à l’échelle du quartier ? On s’interroge également sur le ratio annoncé de 10m2 d’espaces verts gagnés par habitant puisque les 3ha annoncés rapportés aux 20 000 habitants du quartier apporteraient au mieux 1,5m2 par habitant. Le détail des commerces envisagés n’est pas encore défini. Il y a pourtant une très forte carence et c’est une demande récurrente des riverains notamment pour que les commerces implantés ne répondent pas exclusivement aux besoins des salariés (majoritaires sur le quartier). En effet, les commerces de bouche engendrent des quartiers dortoirs les soirs et week-end.

Je finirai par un regret déjà énoncé par le groupe REVE-Insoumis : le quartier Pleyel est en profonde transformation et on aborde une fois de plus ces transformations de façon saucissonné sans avoir une vision globale. Nous n’avons pas de vision globale des enjeux et des coûts économiques.

Dans ce cadre, une fois n’est pas coutume je voudrai interroger les élus du territoire qui siègent au conseil de la Métropole pour représenter notre Ville : Corentin Duprey et Laurent Russier. Le 11 avril 2019 le conseil de la Métropole a voté trois délibérations concernant directement notre territoire et les JOP : une convention d’objectifs régissant les rapports entre la Métropole du Grand Paris et la SOLIDEO et PARIS 2024 relative au Centre Aquatique Olympique ; un protocole d’accord entre la Métropole du Grand Paris et la société ENGIE en vue de la libération du foncier de la ZAC Plaine Saulnier et une convention partenariale relative à la gouvernance de la ZAC Plaine Saulnier à Saint-Denis entre la Métropole du Grand Paris, l’EPT Plaine Commune, la Ville de Saint-Denis. Les trois délibérations ont été votées à l’unanimité des conseillers sans aucune intervention de votre part. Etiez-vous présents d’ailleurs ? Or des questions se posent car dans cette institution opaque qu’est la Métropole, on n’a pas accès aux protocoles et conventions votées.Par exemple on n’a pas le protocole d’accord entre la Métropole et ENGIE. On est donc obligé de chercher ici et là quelques informations ce qui pose un grave problème démocratique et de transparence. Que trouve-t-on ? En vue des JOP, la Métropole va prendre en charge la dépollution du terrain (dont Engie est locataire) puis l’aménager avec visiblement 500 logements et un groupe scolaire. Mais on apprend aussi qu’Engie aura des « droits àconstruire » de 120 000 à 150 000 m² sur 240 000 m². Autrement dit, Engie mettrait la main sur plus de la moitié de la surface. Donc Engie a polluéle terrain, les pouvoirs publics dépolluent et Engie pourrait « co-développer des opérations immobilières » et donc de rafler la mise sur le dos des contribuables et de la puissance publique ? Qu’y-a-t-il derrière ces droits ? De quelle nature seront ces opérations immobilières ? Merci d’avance de vos éclairages sur le sujet.

Etienne Penissat, Conseiller Municipal

Pour aller plus loin, une  autre  contribution sur le site de l’enquête publique de l’échangeur Pleyel