Plaine Commune est un territoire, une agglomération urbaine de presque 450 000 habitant.e.s en banlieue nord, populaire, de Paris. Cet ancien territoire maraîcher, puis industriel est désormais un grand pôle d’activités tertiaire et de services, de sièges d’entreprises et d’une grande majorité de PME. Ce territoire est une terre de migrations très métissée, où se cotoient 140 origines nationales. Le chômage reste à un niveau très préoccupant, la pauvreté, accentuée par les précarités, est le lot quotidien d’un quart des familles.
L’économie sociale et solidaire s’y est développée très tôt. Les premières coopératives de logement sont nées ici. Elles ont été relancées dans la 2e moitié du XX° siècle. Dès les années 90, la création d’entreprises, souvent sous forme associative, affirmant des valeurs sociales et solidaires, ont permis à des personnes de retrouver du travail, à des quartiers d’accueillir des activités qui leur soient utiles. L’ESS s’est développée à Plaine Commune dans plein de secteurs, pas seulement à bas niveau de qualification et dans les métiers les plus « difficiles ». La collectivité y a apporté immédiatement son soutien. REALSIE, l’un des premiers réseaux de l’IAE, est né à Saint-Denis grâce à la Ville.
En même temps , cette terre de migrations et de cosmoculturalités, a développé des coopérations avec des villes et territoires étrangers, en particulier en  Afrique, en Palestine et en Amérique latine. Bien sûr l’histoire politique et économique a joué son rôle dans ces coopérations ; mais la volonté de coopération internationale dans la question, dans le développement économique, dans les solidarités quotidiennes ou dans la santé est une constante de l’action publique. C’est donc dans ce cadre que nous développons nos coopérations, que nous accueillons une coopérative comme Andines, que nous avons livré un bus PMI à Kayes ou que nous travaillons aujourd’hui à une coopération entre coopératives de femmes de Plaine Commune  et du Cameroun.

Si je dois résumer en un mot : COOPERATIONS.

Notre rencontre, au forum mondial du GSEF à Bilbao, nous a permis de mettre en connivence la dynamique portée par les coopératives au Cameroun et les coopératives de femmes qui s’initient à Plaine Commune, en particulier dans les quartiers populaires de Stains. Voici qui donne un sens concret à nos besoins de développement local, à la valorisation pratique des savoir-faire et compétences –reconnues ou pas par les institutions- ; ce « faire ensemble », cette solidarité entre les deux rives de la méditérannée nous ont donné envie de mettre les moyens pour commerce et échanges se multiplient et trouvent une perennité . Une 1e expérience à la Foire des Savoir-Faire Solidaires de Saint-Denis en décembre dernier a montré tout le possible. Et aussi d’installer dans notre territoire un local de conditionnement , pour nos amies camerounaises, nécessaire au développement à Plaine Commune de leur activité.

 FREIN et LEVIERS

Le frein principal est certainement que si la circulation des marchandises et des finances est très libre et facilitée pour les grands groupes du capitalisme mondialisé, c’est plus compliqué pour des structures comme celles-ci. Coût des transports, barrières douanières, économie du change doivent être dépassés et leurs contraintes réduites.
Plaine Commune, ses villes et ton tissu ESS constitue un atout décisif en matière d’aide à l’ingénièrie, au projet (la mission ESS de PneCne accompagne les entreprises ESS),, au financement ( FAR de Garance auquel Pne Cne adhère ; appel à projet) et surtout peut-être d’une habitude, d’une culture de l’international profondément ancrée dans nos pratiques institutionnelles. Ce n’est pas toujours suffisant face aux bureaucraties, au racisme d’Etat et aux contraintes économiques, mais cette culture partagée, ce réflexe « de l’autre rive » sont devenus au quotidien des atouts pour faire ensemble et n’est-ce pas là essentiel pour réussir ?

Patrick Vassallo, Nanterre, 4 juillet 2019

CREDIT COOPERATIF NANTERRE