IUT Saint-Denis Paris 13
Le 13 septembre 2019
 à 10 heures.
Cher Docteur Mugwébé, monsieur le Prix Nobel de la Paix, Madame la Ministre,
Madame la vice présidente de la région,
Monsieur le président de l’Université,
Mesdames et messieurs les étudiant.e.s et personnels de l’IUT, Cher Samuel, Monsieur le directeur, Mesdames et messieurs les élu-es, cher.e.s collègues,
Cher.e.s ami-es d’Afrique et du monde,
Mesdames et messieurs,
Tout d’abord un grand merci et bienvenue dans cet IUT à chacun.e d’entre vous, partenaires, étudiant-es, enseignant-es et BIATSE, à vous ami-es de cet établissement d’enseignement technologique, professionnel si utile à nos banlieues populaires, à leur développement, à leurs jeunes en particulier, et notamment aux 2000 que nous accueillons chaque année.
Un grand merci, avec toute notre considération, notre fraternelle sororité, au Docteur Mugwégé. Pour son action bien sur. Pour sa ténacité. Pour la reconnaissance amplement méritée dont il bénéficie.
Nous sommes profondément attachés à l’ancrage de cet IUT dans son territoire et dans les dynamiques qui le développent. La lutte contre les discriminations, toutes les inégalités et les racismes, fait partie de l’ADN de ce territoire multiculturel, de cette ville monde qu’est Saint-Denis. Il n’y a pas de hasard si nous sommes ici à quelques stations de tram de la maison des femmes (dont je salue la directrice, Ghada Hatem), si le dernier lycée se nomme Angela Davis, si la dernière ligne de bus créée, la 239, a pour terminus Rosa Parks, si la toponymie de cette cité comprend Fatima Bedar, Nelson Mandela, Iqbal Massih ou si la Ville a fait le choix de privilégier les dénominations féminines pour ses nouvelles rues et espaces publics.
Ce choix politique n’est pas seulement une volonté humanitaire, c’est profondément la détermination à mettre la question des droits humains, des droits culturels, du respect de chacun-e dans ses diversités et son entité comme une boussole de notre action publique.
Ce choix politique c’est aussi le respect de chaque conviction, chaque religion mais surtout l’attachement rigoureux à une laïcité qui laisse dans l’espace privé ce qui relève de choix personnels, refuse le prosélytisme dans un espace public où chacun.e doit se sentir à l’aise. On ne fait pas société en communs avec des sabres et des goupillons mais avec de la république et de l’égalité.
Nous sommes ici dans un territoire inégalitaire de la République française. Et cela nous donne des responsabilités d’autant plus importantes dans la visée que représente la république et sa devise. Dans la transformation de nos rapports, entre personnes comme entre pays. Le partenariat que nous avons construit avec le Togo en est une belle illustration!
 Le capitalisme mondialisé se traduit en ces temps difficiles par une diffusion des replis, du recours à la violence et au choix des armes, à des autoritarismes parfois fascisants et à des démocratures, dont on remarque que le mépris des femmes, de leur corps et de leur droit, l’homophobie et le machisme sont bien trop souvent des fondements idéologiques. Plus de 100 féminicides en France depuis le début de l’année : ce n’est pas supportable.
La bataille radicale (à la racine) contre tous ces obscurantismes est une affaire mondiale, générale, nous y avons besoin de chaque détermination, de chaque intelligence, de chaque action. Les avancées de la fin du XX° siècle (mais l’IVG reste encore pénalisée dans bien des pays) restent à conforter. Les vents mauvais sont forts.
Et nous pensons que c’est aussi, intimement, au cœur de notre responsabilité pédagogique que de partager avec les étudiant.e.s de cet IUT et à toute la « communauté éducative » de l’établissement les enjeux de cette bataille.
Voici qui justifie la coloration ‘droits des femmes’ de la dénomination de nos amphis.
Voici pourquoi cet IUT a installé un module sur la non-violence. Voici pourquoi nous entendons que chacun.e ici soit respecté, soit un être debout, aujourd’hui comme demain dans sa vie professionnelle.
Et il n’y a pas de temps à perdre. Pas d’hésitation à avoir. Pas de prudence institutionnelle ou bureaucratique à tolérer. Il y a besoin de chacun.e et d’une énergie tenace. Pour en sortir.
Merci encore, Docteur.
Je laisserai à Angela Davis le mot de la fin : « Je n’accepte plus les choses que je ne peux pas changer. Je change les
choses que je ne peux pas accepter. »
Patrick Vassallo, Président du Conseil de l’IUT de Saint-Denis, maire adjoint de Saint-Denis, conseiller délégué de Plaine Commune, le 13 septembre 2019