Sans revenir sur nos précédentes interventions, en particulier du 5 mai dernier devant ce Conseil, rappelons d’entrée de jeu que ce projet aura un impact considérable pour le quartier Pleyel ; et au-delà pour tout Saint-Denis et le territoire de Plaine Commune.

Le projet retenu présente indéniablement des caractères d’innovation, plutôt en adéquation avec les ambitions du territoire et les grandes orientations d’aménagement et de développement portées par Plaine Commune et par notre Ville. Ce qu’illustre par exemple le bâtiment pont avec sa structure bois et ses fonctions esthétiques ; cette nouvelle respiration et mobilité entre Pleyel et La Plaine devrait favoriser l’émergence d’un vrai morceau de ville. Les interventions précédentes l’ont souligné. Et je ne reviens pas sur les propos que je soutiens totalement de Sonia à l’instant.

L’ancrage dans le quartier de l’ensemble du projet reste à compléter. Si le verdissement de l’ensemble est plutôt satisfaisant, il ne constitue qu’un minimum qui laisse apparaître quelques plaques de chaleur. L’allure du projet et de ses alentours, à ce stade, laisse un effet assez lourd, compact, qui ne participe guère à aérer cette partie de ville. La densification justifiée par la charge foncière, le financement d’équipements publics et l’équilibre économique de cette opération ne peuvent être entendables que si l’ensemble apporte un réel plus au quartier, à ses habitant.e.s et à ses salarié.e.s.

Mais il est difficile d’évoquer ce sujet sans interroger sur la réalité de la résorption des coupures urbaines. Comme je l’ai indiqué à Plaine Commune –et ailleurs- pourquoi on ne répond pas dans un travail partagé, au projet alternatif des habitant.e.s ? Le report –à ce propos- du forum prévu entre les associations et Paris2024 n’est pas supportable. C’est un bien mauvais signal porté aux habitant.e.s qui seront confortés dans le sentiment qu’on ne tient pas compte d’eux et qu’on ignore leur avis. Comment le démentir ? Lors du forum, maintenu samedi dernier par les associations, les réponses de Paris2024 ont confirmé un hiatus majeur : nous ne sommes pas devant un problème d’information appelée concertation (et il ne s’agit pas de nier la réalité de ce qui est fait) mais face à l’exigence d’une co-construction, de faire la ville ensemble. Quoi de plus légitime ? Ce report est une faute politique.

On peut attendre mars pour planter des graines. On ne peut plus attendre pour faire la ville en commun.

Les évolutions du programme depuis un an ne sont pas négligeables, mais restent bien en deça des attentes, des possibles. Il n’est pas trop tard pour rectifier le tir. Il sera trop tard demain pour s’en mordre les doigts…

Enfin, et je m’en tiendrai là, les exigences environnementales et écologiques restent trop timides. Quid des plaques de chaleur ? de la place de l’eau ? de l’entretien des espaces verts ? d’une place renforcée des circulations douces ? Quid de la place du canal, tant pour la phase travaux que pour les mobilités urbaines ? Peut-on encore aujourd’hui examiner un tel dossier sans une fiche synthétique sur les données de nature en ville et sans indication sur le coût carbone de l’ensemble ?

Voici donc des réserves majeures sur le contenu de la convention qui nous est proposée dans ce rapport.

Patrick Vassallo, Saint-Denis le 3.10.2019