Une fois de plus les habitant.es sont absents des instances de gouvernance. Et il n’y a même pas d’instance ad-hoc pour les inclure. Une fois de plus un projet de grande ampleur qui se fait sans les premiers concernés donc les habitant.es. La Métropole du Grand Paris assurera la gouvernance du projet. C’est très inquiétant car c’est une institution très éloignée des citoyens mais très proche des lobbys privés.

C’est aussi un projet qui pose des problèmes dans sa conception.

D’abord, trop de place est donnée aux bureaux. 170 000 m² de bureaux pour 1000 m² d’espace vert et 40 000 m² de logements. Est-ce vraiment pertinent de construire autant de bureaux après l’épisode du bâtiment déserté par SFR ? Est-ce que ça crée des emplois pour les dionysiens et dionysiennes donc des emplois localisés et moins polluants ? Non, ce n’est pas le cas. Une étude de l’INSEE d’octobre 2018 pointe d’ailleurs l’inadéquation des profils d’emploi crées et le profil des habitants en âge de travailler sur le territoire de Plaine Commune. On continue de ne pas s’en soucier et de faire comme s’il ne fallait pas revoir les stratégies de développement social et économique sur notre territoire.

Ensuite la qualité écologique du projet est médiocre comme l’indique l’avis de l’Autorité Environnementale sur le projet. « En phase exploitation, à l’horizon 2030, le projet induit une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’environ 1,6%,directement liée à l’accroissement des distances parcourues. Le dossier n’évoque pas la question des émissions durant les travaux, qui pourraient s’avérer importantes, notamment en raison des spécificités du projet (concomitance de plusieurs phases travaux), ni les émissions liées au fonctionnement des bâtiments. Un bilan complet intégrant les évolutions liées aux circulations, à la construction des bâtiments et à leur fonctionnement sera à fournir dès la prochaine actualisation de l’étude d’impact, accompagné de mesure d’évitement, de réduction ou de compensation ». De même la taille des immeubles envisagés fabriquera des ilots de chaleur importants. Enfin, ce quartier sera enclavé entre deux autoroutes et une « bretelle en ville » qu’est la rue Saulnier. C’est d’ailleurs pour cette raison que des collectifs de riverains s’y intéressent et qu’ils ont fait des propositions appuyées sur des recommandations de l’APUR pour « ouvrir la ville sur le bassin de la Maltournée ».

Pour finir, lors du dernier Conseil Municipal j’avais interpellé Laurent Russier et Corentin Duprey sur leur vote à la Métropole du Grand Paris concernant le protocole d’accord entre la Métropole et ENGIE sur les conditions d’exploitation du terrain de la ZAC. J’avais demandé à ce qu’ils communiquent au Conseil Municipal le protocole car pour l’instant on n’y a pas accès. On est donc obligé de chercher ici et là quelques informations ce qui pose un problème de transparence. Que trouve-t-on ? En vue des Jeux Olympiques, la Métropole va prendre en charge la dépollution du terrain (dont Engie est locataire) puis l’aménager avec environ 500 logements et un groupe scolaire. Mais on apprend aussi qu’Engie aura des « droits à construire » de 120 000 à 150 000 m² sur 240 000 m². Autrement dit, Engie mettrait la main sur plus de la moitié de la surface. Donc Engie a pollué le terrain, les pouvoirs publics dépolluent et Engie pourrait « co-développer des opérations immobilières » et donc de rafler la mise sur le dos des contribuables et de la puissance publique. Qu’y-a-t-il derrière ces droits ? De quelle nature seront ces opérations immobilières ?

Pour ces raisons, le groupe REVE-Insoumis ne votera pas cette délibération.

Etienne Penissat, conseiller municipal