Considérant que le système de retraite français actuel, conquis par nos ancien-ne-s, permet d’avoir le taux de pauvreté des seniors parmi les plus faibles des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) avec 7,5%;

Considérant que ce système de solidarité intergénérationnelle permet d’éviter qu’un trop grand nombre de retraités ne soient dans l’obligation de trouver un emploi complémentaire pour maintenir un niveau de vie digne et jouir d’un repos bien mérité après une vie de labeur;

Considérant que cette solidarité intergénérationnelle s’observe également des anciens vers les plus jeunes puisqu’elle permet aux retraités d’apporter une aide significative à leurs petits-enfants durant leur période d’études et/ou d’entrée dans la vie professionnelle;

Considérant que la disparition de cette forme d’aide serait particulièrement dommageable sur le territoire d’une commune telle que Saint-Denis où existe une forte précarité étudiante et dans le marché du travail;

Considérant qu’en outre, ce système est viable économiquement puisque le régime général des retraites est à l’équilibre; 

Considérant que, néanmoins, le premier principe retenu par le gouvernement pour son projet sur les retraites est celui de la retraite par points avec pour formule “1€ cotisé donnera les mêmes droits”, et qu’un  tel système, calqué sur l’épargne financière, aurait pour conséquence mécanique que les points accumulés dépendront du taux de cotisation et que la valeur du point sera d’autant plus faible que l’espérance de vie s’allongera;

Considérant que ces effets mécaniques de la retraite par points entraîneront une baisse du niveau de vie des retraités;

Considérant que ces effets seront accentués par la prise en compte de l’ensemble de la carrière au lieu des vingt-cinq meilleures années pour le régime général ou des six derniers mois pour la fonction publique, entraînant une baisse du niveau des pensions en particulier pour les fonctionnaires;

Considérant que ces effets mécaniques seront également accentués pour toutes les personnes aux carrières heurtées, en premier lieu les femmes, puisque chaque période non travaillée, à temps partiel, en congé parental, au chômage, ou mal rémunérée, fournissant peu ou pas de points sera pénalisante pour le calcul de la pension alors que les femmes représentent déjà 70 % des allocataires isolées du minimum vieillesse;

Considérant que ce système de retraite par points ne tient compte ni des différences de pénibilités entre métiers, ni des inégalités sociales d’espérance de vie en bonne santé;

Considérant qu’un tel système de retraites constituerait une puissante incitation à chercher dans des produits par capitalisation des compléments de revenus, exposant ainsi les futurs retraités aux aléas des marchés financiers et à l’avidité de leurs acteurs dominants;

Considérant enfin que le deuxième principe retenu par le gouvernement pour son projet sur les retraites est le gel des ressources qui entraînera également une diminution des retraites puisque cela signifie la définition d’un plafond des retraites versées fixé à 14% du Produit Intérieur Brut alors que la part des retraités va augmenter en raison de l’allongement du niveau de vie;

Le conseil municipal de Saint-Denis demande au gouvernement de retirer son projet de réforme de retraite; réaffirme en particulier son attachement au maintien d’un droit à départ anticipé à taux plein pour les métiers les plus pénibles, et souligne l’urgence de la mise en place d’un système de rattrapage pour assurer une égalité salariale femmes/hommes effective. 

Conseil Municipal du 19 décembre 2019