L’OBLIGATION –NOUVELLE- POUR LES COMMUNES DE FINANCER les écoles maternelles privées, sous contrat d’association avec l’Etat, en « participant » à leurs dépenses de fonctionnement, constitue tout d’abord un nouveau transfert de charges de l’Etat. Qui signe un contrat d’association avec celles-ci puis demande aux communes de payer !

Depuis l’adoption de la loi Falloux, puis la loi Debré en 1959, toutes les mesures législatives prises depuis ont créé les conditions d’un affaiblissement de l’école publique. Le principe, que l’on ne peut que défendre « fonds privés à l’école privée, fonds publics à l’école publique » aurait dû constituer un levier pour déployer l’école pour toutes et tous, pour renforcer l’école publique, pour en améliorer la qualité. C’est tout le contraire qui s’est produit ; et continue de sévir. Et particulièrement dans les quartiers populaires, là où pourtant le plus grand soutien serait nécessaire.

L’extension aux maternelles de l’obligation de financement imposée aux communes ne fera –qui plus est- qu’aggraver les contraintes financières du budget communal.

Rappelons-nous que la scolarité d’un.e élève du 93 est financée 2 fois moins qu’à Paris.

Le réseau Français des Villes Educatives a évalué ce (sur)coût à 150 millions, une manne pour l’Office de gestion des écoles catholiques, un trou pour les finances communales.

J’avais envisagé de faire écouter ici la chanson de Grand Corps Malade « éducation nationale », – mais nous allons gagner 4 mn de séance- : l’essentiel y est dit. L’école de la confiance chère au ministre Blanquer et à sa propagande, va donc se traduire concrètement par un nouvel affaiblissement de l’école pour tous ; la fausse symétrie public/privé, là aussi favorise et favorisera le privé. Au bénéfice de qui, au fait ?

C’est cet affaiblissement de l’école publique qui pousse aujourd’hui des parents de familles populaires à se sentir obligés de mettre leur enfant dans le privé, pour -pensent-il-, leur permettre de réussir à l’école. Au prix parfois de terribles efforts dans leur propre budget.

Et personne ne saurait blâmer des parents qui font ces choix. Mais on ne peut que blâmer et contester avec la plus grande énergie cette dérive continue de l’école publique vers le moins-disant permanent, vers le service minimum le plus restreint. Et quand on regarde l’uniformité normalisante, les représentations que la loi de soi disant confiance porte sur les classes populaires à l’école, le scandale est immense.

Il y a besoin de vrais moyens, financiers et pédagogiques, de vraies libertés, notamment des enseignant-es, d’innovations pédagogiques et de respect des diversités pour que l’école de la république, soit vraiment une école et se mérite de la république.

Nous en sommes loin et voici qui explique que nous n’approuverons pas cette délibération.

CM 19.12.2019 affaire n°21

Intervention de Patrick VASSALLO