Les deux conventions qui nous sont soumises marquent l’aboutissement d’une longue mobilisation de la Ville. Cela fait presque 20 ans que nous avons engagé le premier travail partenarial avec les familles du Hanoul. Elles ont connu depuis plusieurs autres sites bidonvilles, du moins pour celles qui ne sont pas sorties du processus depuis. Ce processus, nous l’avons construit dés le départ, en tenant compte du vécu des familles, de leurs aspirations et des nécessités, sanitaires, de logement, d’emploi. Etc.

Je ne reviens pas ici sur la bataille menée avec l’Etat, son refus d’appeler des fonds européens disponibles, sur le racisme et les discriminations qu’il faut combattre, sur les réticences de certains ; et je veux remercier les services, qui ont mis leur professionnalité au service de nos orientations, sans rechigner. Remercions aussi les associations, prestataires ou de soutien, qui ont accompagné cette intégration.

Je n’ose imaginer comment « la question Rrom » (avec de gros guillemets) aurait pu et du être réglée, depuis l’appel Romeurope (en octobre 2000), si l’ensemble des communes franciliennes -et pas seulement quelques unes- s’étaient mobilisées…

Au moment où des candidats à la mairie proclament qu’il y a trop de pauvres dans cette ville, qu’il faut limiter les logements à 25%, qu’on ne peut faire -soi-disant- que pour les familles défavorisées, qu’on fait trop de social, je tiens à rappeler ici ces vérités même si ça gratte. En ces temps de campagne électorale, -et ça ne plait à personne quand c’est sale- on s’étonnera quand même que d’aucuns soient très préoccupés que ce soit propre en bas de chez eux mais indifférents aux milliers de migrants « mis à l’abri » (là aussi de gros guillemets), des 22 jeunes exclus d’une intégration par le travail dans une entreprise dionysienne, …

Enfin puisque c’est ma dernière intervention , après 19 ans de mandats, dans cette assemblée, je voudrais simplement remercier toutes celles et ceux avec qui j’ai pu travailler, me confronter parfois. Les rapports entre administration et élu.e.s en sont pas simples, entre professionnalité, compétences et enjeux de pouvoir. Les rapports entre institution et société locale sont un vrai problème. Autant j’ai toujours considéré qu’il revenait à l’institution de soutenir, accompagner et développer l’action citoyenne, autant les évolutions de ces dernières années ont non seulement beaucoup abimé le lien social au delà des controverses et affrontements de classe. Plus encore le délitement dues sociétés, le détricotage et la casse de tout ce qui constitue ou favorise des solidarités laisse le capitalisme mondialisé se comporter en maître du monde.

Et c’est au Dr Denis Mugwégé, que nous avons accueilli à l’IUT de Saint-Denis, pour l’inauguration de l’amphithéatre qui porte son nom, c’est à Denis Mugwégé, prix Nobel de la Paix que je laisserai ces mots de conclusion «  La mondialisation, c’était une belle idée, nous allions devenir citoyens du monde et grâce à la technologie, nous allions tous être connectés et développer la fraternité humaine à l’échelle planétaire. Mais le modèle néolibéral a rapidement cadenassé le processus pour proposer un système de marchandage mondial, un cadre de pensée où la performance, l’individualisme et le profit sont les seules règles. »

Si Saint-Denis et Plaine Commune étaient un ilôt de rai socialisme, cela se saurait….

De toute évidence, dans cette ville comme dans toute la planète, il y a beaucoup à faire. Je vous remercie.

Patrick Vassallo

CONSEIL MUNICIPAL DU 6 FEVRIER 2020 AFFAIRE A-1