Ce PLUI même modifié me pose plusieurs problèmes :

– sur la méthode, elle est profondément antidémocratique : les documents définitifs ont été reçus à peine une semaine avant le Conseil du Territoire. Ce vote  va engager les villes de Plaine Co alors que les élections municipales sont en cours et qu’il existe des débats de fond sur les questions d’aménagement. C’est donc en soi une forme de passage en force.

Nous avions déjà en Conseil Municipal à Saint-Denis critiqué la faible implication des citoyens dans l’élaboration du PLUI alors même que des mobilisations sont en cours sur l’urbanisme dans plusieurs villes et quartiers.

Sur le projet d’échangeur autoroutier à Pleyel, nous notons que désormais le projet annoncé est plus flou et s’en tient à la mention de la construction de bretelles complémentaires. Est-ce que ça permettra de renégocier ce projet scandaleux qui va polluer les habitants de Pleyel dont notamment les enfants de l’école Anatole France ? Nous l’espérons. Des recours juridiques sont en cours. Mais nous espérons aussi qu’en cas de en cas de victoire de ces recours, ce flou ne permette pas de ne pas réviser le PLUI pour passer en force un autre projet via la loi JO.

Par ailleurs, en tant qu’élue Insoumise je continue de considérer que ce PLUI ne répond pas aux enjeux de notre territoire.

–  c’est un PLUI qui s’inscrit dans la logique d’une urbanisation à marche forcée et de développement territorial « productiviste », bâtisseur pour assurer son développement et qui n’envisage nullement un développement endogène. C’est la logique des grands projets figées dans les OAP.

– c’est un PLUI qui ne dit pas assez comment nous allons tenir compte des problématiques climatiques et environnementales et qui dans certains répond à côté de ces problèmes.

Un exemple : il autorise la construction d’immeubles de 20m de hauteur avec des reculs (c’est-à-dire un espace) entre deux immeubles de 6m.  C’est trop peu. Il aurait fallu des règles pour imposer des reculs plus importants. Concrètement cela risque de nuire à la luminosité dans ces constructions et créer des trappes à chaleur.

En faisant comme si la logique des grands projets et de la métropolisation était une fatalité et même un cycle vertueux pour nos villes, il ne protège pas assez les quartiers et l’habitat populaire. Là encore, un petit exemple certaines modifications figent les choses dans le mauvais sens. La part de logement social fixée à 25% dans le PLUI pour le village olympique alors que plusieurs listes à Saint-Ouen proposent de revenir sur les 25 % de logements sociaux négociés par la maire de droite Delannoy.

Depuis plusieurs années, deux logiques se font face dans l’élaboration des projets urbains : une logique de « grands projets » peu attentive aux besoins sociaux et écologiques et qui sert avant tout des opérations immobilières et financières ; une logique d’un urbanisme par et pour les habitants.

Malheureusement ce PLUI ne protège pas de la première logique et ne constitue que trop peu une ressource pour s’y opposer.

C’est la raison pour laquelle je voterai contre.

Martine Rogeret

CT du 25 février 2020